Luttons contre la déprime avec le massage quantique
Hier, notre cher docteur Tournesol parlait de déprime. Aujourd'hui, avant de lire ce qui suit, je vous propose un remède efficace contre cette déprime ennuyeuse en allant voir la dernière vidéo de M. G Milgram qui à n'en pas douter vous amusera bien. Rire des autres lorsque ça nous fait du bien, c'est bien.
Cependant, la fin de la vidéo perd tout son caractère distrayant.
vidéogramme de qualité supérieure
Juste après la bretelle pour Bételgeuse, le moteur a eu des ratés et il allait falloir sortir de l'autoroute spatiale au plus vite et trouver une planète où s'arrêter pour tenter une réparation de fortune. C'était la poisse, j'étais déjà à la bourre, je ne serai jamais à l'heure pour livrer la marchandise au consortium stellaire où l'on m'attendait pour 13 heures au plus tard. J'étais parti plus tôt que d'habitude dans l'idée que ça allait me permettre d'éviter les bouchons à proximité de la plate-forme d'échange de l'espace-temps et de passer à proximité du trou noir au plus vite afin d'atteindre le méta-Univers. Ça semblait compromis.
Le carburateur cafouillait de plus en plus en laissant échapper des borborygmes déplaisant. J'abaissais la manette de dissolution ionique pour économiser le carburant et descendait légèrement sous la vitesse lumique. Sur l'écran de l'ordinateur je cherchais les coordonnées d'une planète accueillante, pas l'une de ces planètes gazeuses particulièrement inhospitalières. J'engageais le système de guidage automatique et laissait le vaisseau filer le temps qu'une destination me soit proposée.
J'avais largement le temps d'aller manger et je me souvenais qu'il restait une soupe carotte-poireau-pomme de terre déshydratée dans la réserve. Avec une tranche de somutro, ça serait parfait. Dommage qu'il n'y ait plus de sauce Volrtupe. Il allait falloir penser à passer par le magasin général pour faire le plein de vivres avant de repartir en mission.
Je dégustais ma soupe lorsque le "bip" de l'ordinateur me fit regarder l'écran. Un point rouge indiquait une planète assez proche sur laquelle j'allais pouvoir faire une halte. Je détestais faire de la mécanique et je me promettais d'engueuler les robots de maintenance sitôt rentré à la base. J'avais quelques pièces de rechange et j'allais être guidé par l'ordinateur pour intervenir. Ça allait bien se passer, j'étais assez confiant. Je terminais ma soupe et reprenais les commandes. On m'indiquait devoir tourner de 8° sur l'axe Z' avec une correction de ∑/π2 de l'azimut. Côté moteur, ça déconnais de plus en plus et un coup d'œil dans le rétro me permettait de voir des bulles s'échapper de la trappe d'évacuation. Rien de bien grave. Je n'avais plus qu'à me laisser couler vers la destination en conservant la vitesse pendant environ une heure. J'allais sans doute avoir à piloter un peu pour éviter une éventuelle ceinture d'astéroïdes mais je faisais confiance aux boucliers latéraux et au système d'évitement automatique. Ça allait se faire peinard.
Je me suis posé et j'ai commencé à chercher la panne. Sans doute une poussière qui bouche un gicleur. Je cherche la clé de 12 dans ma boîte à outils et impossible de mettre la main dessus. Qu'est-ce que j'ai bien pu en faire ? Je n'aime pas utiliser la clé à molette, ça abime les écrous. Je ne vais pas y couper, je vais devoir sortir et aller demander de l'aide à un mécanicien local. Je vais encore devoir payer de ma poche et ça va faire de la paperasse pour obtenir le remboursement. Si seulement on accepte de me rembourser. Il va y avoir enquête pour déterminer mon éventuelle responsabilité dans l'origine de la panne. Autant dire que je peux m'asseoir dessus et faire passer la réparation dans la colonne des pertes et profits. Enfin c'est comme ça.
Je sors et je cherche. Zone désertique, pas l'ombre d'une vie intelligente dans les environs. C'est bien ma veine. J'espère juste ne pas être arrivé sur une planète arriérée, trop jeune pour qu'une forme de vie intelligente ait émergé. Vu la gueule de l'endroit, il n'y a aucune chance pour tomber sur une civilisation plus avancée que la mienne, ça c'est certain. Mais bon. L'ordinateur me dit que le niveau d'évolution est suffisamment avancé pour que je trouve de l'aide opérationnelle ici et pas trop loin de ma position.
Je suis sorti et j'ai inspecté les environs. J'aimerais pas vivre ici. Cette planète est en majorité minérale. Du caillou, un peu de flotte, des atomes partout qui se promènent en parfaite liberté. C'est pas la joie. J'ai vu des sortes de végétaux et ça, ça m'a plu. Il y avait bien longtemps que je n'en avais pas vu. C'est marrant, c'est vert. Par contre, bon, ce ne sont pas eux qui vont m'aider. J'ai tenté une communication en vain. Bref.
Ah ! Il y a enfin quelqu'un qui vient vers moi. Un juvénile en apparence. Il a l'air sympathique, pas agressif. Je lui explique mon problème et que je cherche une clé de 12 ou de 15/32" au pire. Il hoche la tête et fait demi-tour. Je le vois s'éloigner et farfouiller à l'entrée d'une anfractuosité. Et il revient en tenant un outil. Il me la tend et me fait comprendre qu'elle s'appelle revient. Je ne pige pas bien l'intérêt de donner un nom à une clé plate. Une coutume locale ? Quoi qu'il en soit, je débouche le gicleur principal, j'en profite pour vérifier le niveau de plutonium graphité et pour changer un balai d'essuie-glace. Avant de repartir, je redonne l'outil au petit être. Je mets le contact, je pédale sur trois tours, enclenche le levier de crabotage et je file à fond la caisse histoire d'essayer de rattraper mon retard.











