Il y a peu, j'apprenais qu'un célèbre chef étoilé[1] se lamentait de la dégastronomisation en France et du mal qu'il avait à boucler les fins de mois avec les charges, le coût de l'énergie et tout ce qui peut faire le malheur des petits entrepreneurs qui ne cherchent qu'à faire le bonheur de la population, de ses semblables. Ainsi, il affirme qu'il est bien désolant de ne pouvoir générer qu'une maigre marge de 40 centimes d'euros[2] sur un plat vendu 22 euros.
Sans le dire explicitement, il jette l'opprobre sur ces officines peu recommandables qui proposent de la nourriture qui n'a pas l'heur de lui plaire. En gros, il n'apprécie pas qu'une partie des Françaises et Français choisissent d'engloutir kebabs ou hamburgers (quand ce ne sont pas des sandwiches et des croque-monsieur vendus par des boulangeries scélérates qui devraient se limiter à faire du pain) plutôt que de s'en aller restaurer dans des établissements étoilés où, tout de même, la vaisselle et le service sont d'un autre niveau.
La situation est grave et il faut légiférer de toute urgence. Je me permets de soumettre une idée. Il s'agirait de bricoler une bonne loi qui défendrait les grands restaurateurs et cette loi interdirait la vente et la diffusion des livres de recettes (papier et numérique), l'interdiction de la vente des ustensiles de cuisine aux particuliers, de même pour l'électroménager en relation avec la préparation de plats, aliments, bouffe et rata (cuisinière, réfrigérateur, congélateur, four, grille-pain). Obligation serait faite pour toutes et tous de se rendre dans un restaurant (étoilé c'est plus mieux). L'économie serait relancée et notre grand chef retrouverait le sourire.
Bien sûr, il faudra aller plus loin et fermer les commerces qui proposent des rayons épicerie, de la vente au détail de légumes, fruits, boucherie, charcuterie, œufs, lait, céréales, café et thé et tutti quanti mais n'allons pas trop vite de peur d'effrayer la population. Avançons graduellement, un pas après l'autre. Le bonheur est au bout de nos réformes.

Notes
[1] il ne se prénomme ni Groucho, ni Harpo, ni Zeppo…
[2] https://www.capital.fr/economie-politique/le-chef-thierry-marx-alerte-sur-une-degastronomisation-de-la-france-1521392



























