François contre François

François Ruffin trace sa route et dans le dernier épisode publié, il part de la région de Narbonne pour rejoindre l'Ardèche. Armé de sa pancarte, il tente de se faire prendre en auto-stop par des Français et Françaises. L'idée est de se confronter au peuple et de le mettre à contribution pour se constituer un programme, pour recueillir des idées et des revendications.
Ça fait un peu de la peine de suivre Ruffin dans cette aventure et j'en arrive à me demander s'il n'est pas un moment où il vaut mieux arrêter les dégâts. Si l'on pouvait douter de la pertinence de ce road-trip, on peut, après cinq épisodes, se dire que l'idée ne fonctionne pas. Les personnes qui acceptent de s'arrêter ne sont pas nombreuses à avoir une réelle envie de parler politique ou de croire au succès de Ruffin dans son entreprise.
Sur Internet, certains avancent l'idée selon laquelle Ruffin ferait appel à son réseau de soutiens pour jouer les automobilistes. Je ne pense pas que ce soit le cas. Je pense que Ruffin est sincère et c'est presque encore pire.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à un autre François qui a fait dans le catastrophique sur YouTube. Je pense à Bayrou. Si l'on compare, le Béarnais parvient tout de même à faire mieux en nombre de visionnage de ses vidéos. Il a beau faire, le Picard debout, ça ne décolle pas, ça plafonne, ça s'écroule. Et puis, franchement, il n'y a pas de contenu, pas d'idée, pas de message. C'est dommage, il est sympathique, Ruffin. Il est aussi agaçant mais il est sympathique dans son rôle de candide de la politique. Bon, d'accord, il parle beaucoup trop de sport pour moi.

François Ruffin en route
Un futur président au plus proche des automobilistes

Il y a tout de même du mystère derrière tout ça

J'étais en train de trifouiller dans mon stock de photographies histoire de trouver un truc à donner à manger au blog. J'en ai trouvé une âgée de dix ans, du 25 juillet 2016 à 16 heures et 41 minutes. J'étais à Bordeaux et on m'avait plus ou moins forcé la main pour entrer dans la cathédrale Saint-André, sur la place Pey-Berland. C'est là qu'Aliénor d'Aquitaine, 15 ans, se mariait avec le futur Louis le septième. Mais ça, je ne le savais pas et, pour être honnête, je vais me dépêcher de l'oublier.
Bref, j'étais dans cette cathédrale avec mon appareil photo et je me suis dit que je pourrais profiter de l'instant pour photographier quelque chose. J'ai plutôt du mal à m'extasier devant les bondieuseries et je me suis plus intéressé à l'architecture, sujet qui ne m'intéresse guère d'une manière générale, il me faut bien l'avouer. En fait, pour dire les choses, j'étais à Bordeaux, dans une cathédrale, et ça constituait déjà deux raisons de m'ennuyer.
Je ne veux pas manquer de respect envers Bordeaux, ville qui a sans doute quelque intérêt qui me reste inconnu jusqu'à ce jour. Ce n'est pas une ville que j'estime beaucoup. Ce n'est certainement pas non plus la plus laide de toutes celles que je peux connaître un peu, néanmoins. La seule chose, c'est que si l'on me donnait le choix, ce n'est pas là que j'irais en priorité. Si j'étais à Bordeaux, c'était pour une raison qui faisait que si je n'y étais pas allé, je n'aurais pas pu faire ce que j'avais à y faire.
Mais tout cela n'est pas directement lié au sujet de ce billet de blog. Je parle de mystère et il ne faut pas croire que je veux parler là du mystère de la foi, de celui de l'existence d'un dieu et de toutes ces sortes de choses. Je suis un mécréant de la pire espèce, légèrement insensible et ignorant de tout ce qui concerne les religions. Je n'arrive pas à croire et je considère que ce n'est pas de ma faute. Je ne dois pas être constitué pour le faire.
Non, en fait, au moment où je dirigeais l'objectif vers le plafond de cette cathédrale, je me demandais comment il se faisait que l'on n'y trouvât pas de toiles d'araignée alors que chez moi, qui n'est certes pas un lieu consacré, il s'en trouve à foison. Je me suis demandé s'il existait des personnes qui, avec de très longues perches, avaient la charge de les enlever ou si, allez savoir, la puissance de l'être suprême avait pour principal effet d'éviter (ou d'interdire) la constitution de toiles dans les lieux dont il a la charge.

Cathédrale Bordeaux
détail du plafond

À propos de la cuniculiculture

L'autre jour, je vous parlais d'un bouquin de Cavanna et vous promettais une suite à ce billet : L'œil du lapin.
Aujourd'hui, cela fait longtemps que j'ai terminé la lecture du livre et je me retrouve avec un sentiment identique à celui que j'avais eu lors de la première lecture, en 1987.
Dans son introduction, François Cavanna nous promet que, comme Les Ritals avait été le livre de son père, L'œil du lapin sera celui de sa mère. Alors oui, il nous parle de sa mère. Un peu, pas beaucoup, à travers quelques anecdotes. Marguerite est là, elle rouspète, elle travaille (beaucoup), elle regrette son mariage avec son italien de mari mal dégrossi mais elle aime d'amour son fils. Un fils qui sait se montrer ingrat et qui, il n'y peut rien, est plus proche de son père que de sa mère. D'ailleurs, si ce livre est censé se concentrer sur Marguerite, Luigi est omniprésent.
Le dernier tiers du livre est constitué en grande partie de considérations de l'auteur sur tout et le reste. Cavanna parle de lui, de ses idées, de sa façon de voir le monde, sa vie, le passé. C'est un peu décevant. Je regrette que la promesse n'ait pas été tenue. Il est possible qu'il n'y ait pas eu matière à en dire plus à propos de Marguerite et que Luigi paraisse bien plus haut en couleurs, plus exotique, peut-être aussi plus touchant, finalement.
Cavanna a prétendu écrire un livre en hommage à sa mère et, ce n'est que ma lecture, il a peut-être manqué d'amour filial pour le faire. Une bonne partie du livre me donne l'impression d'une redite de tout ce qui a déjà été dit et je comprends pourquoi je ne l'avais pas relu.


J'ai ressorti d'un carton un livre que j'avais beaucoup aimé lorsque je l'ai découvert grâce à un copain au début des années 90, Le Monde selon Garp de John Irving. Les premières cinquante pages lues alors que je ne parvenais pas à trouver le sommeil m'ont accompagné jusqu'à environ 2 heures du matin. L'enthousiasme est bien là.

La macronie a la solution contre les incendies

En 2024, Gabriel Attal, alors premier ministre de Macron, a baissé le budget initialement prévu pour l’acquisition de quatre appareils Canadair pour n’en prévoir que deux. Ces avions devraient être livrés en 2027.
La macronie se défend en mettant en avant un plan européen de lutte contre les incendies et la mise en commun de l’achat de nombreux appareils aériens.
Ce qui, à mon avis, constitue une grave faute, c’est que nous constatons depuis des années des canicules à répétition et des incendies chaque années plus difficiles à combattre. Ils ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas été mis au courant. Mais « qui aurait pu prévoir ? »

La macronie contre les flammes
Attal, premier ministre de Macron avait annulé le financement de Canadair. Heureusement, ils ont un plan b

Comment gagner un milliard de dollars grâce à un jeu facile ?

Pour gagner le milliard de dollars, il suffit de trouver la profession de notre motocycliste. Toute personne qui aura trouvé sera suspectée d'avoir triché et, au regard des règlements de ce jeu, n'empochera donc pas le gain.

La fabuleuse motocyclette moderne
Rien n'est plus beau et agréable qu'une motocyclette de qualité supérieure.

Pour celles et ceux que ça pourrait intéresser, le troisième épisode des aventures de Ruffin sur la route de l'Elysée est en ligne.

Note pour touristes égarés

Promouvons les petits villages du Périgord. À quelques kilomètres de Lascaux, de Sarlat, de Périgueux et sa vieille ville Renaissance, du Périgord vert et ses merveilleux sites sauvages au long de l'Auvézère, des grottes et châteaux très nombreux, de la vallée de la Vézère et de ses sites archéologiques nombreux et riches, le village d’Azerat ne propose rien au touriste hors une route ouverte à tous, sans péage, permettant d'aller partout ailleurs.

Jetée Azerat
jetée pour le moulin d'Azerat - Dordogne

Un candidat au bord de la route

François Ruffin est candidat à la présidence de la République pour les élections 2027. Pour aller à la rencontre des gens, il a eu l'idée de parcourir le territoire en auto-stop et cela donne l'occasion d'une série de vidéogrammes diffusées sur la plate-forme YouTube.
Ce que l'on peut d'ores et déjà dire, c'est que c'est nettement mieux et plus amusant que ce qu'avait pu produire l'abruti des Pyrénées, ancien premier ministre de triste mémoire. D'ailleurs, je ne suis jamais allé voir s'il continuait à polluer l'Internet avec ses productions. Je ne le pense pas, j'espère vraiment qu'il s'est enfoncé bien profond la tête dans le cul pour aller y trouver la lumière mais sait-on jamais, un malheur est si vite arrivé.

Nous retrouvons François Ruffin dans ce premier épisode le 10 juillet sur la route qui passe par Cadillac (Gironde) tentant de rejoindre Périgueux en passant par Libourne. Le soir même, il organisait une rencontre dans la ville préfecture de la Dordogne. Je n'y étais pas, je ne sais pas si Ruffin a réussi à rejoindre la ville, je ne sais pas si le public était présent.
Je vais suivre ce feuilleton estival qui, en plus d'être un peu rigolo se révèle assez intéressant.
lien vers la vidéo

François Ruffin candidat à la présidence de la République française
Aller à la rencontre du peuple grâce à l'auto-stop

Il n'y a pas de hasard

Et si je vous disais qu'il existe des coïncidences étonnantes, de celles auxquelles on ne s'attend pas sauf à être tireuse de tarot, mage extra-lucide, voyageur de la quatrième dimension ou bien dérangé du ciboulot. Une coïncidence de la sorte, j'en ai croisé une pas plus tard que l'autre jour et c'était un vendredi. Il y des témoins[1].

Alors que j'avais commencé la lecture du livre de Cavanna dont je vous causais samedi[2], voilà qu'un type s'amène[3] à la boutique de l'association Ha! Ha! Ha! Éditions[4] avec une pile de vieux papiers composée de Charlie Hebdo et de Hara Kiri des années 70 (du moins pour les Charlie Hebdo[5]). C'est pas un peu fou, ça ? Sur 10, combien de chances que ça arrive pile ce jour là que j'avais Cavanna dans la tête qui m'occupait le neurone ?

J'aime bien les vieux papiers même si, je le confesse, je ne conserve pas religieusement, pour plus tard, celui qui a servi à emballer ma tranche de jambon hebdomadaire. J'ai commencé à m'intéresser aux couvertures de ces reliques vieilles de plus de 50 ans. J'ai reconnu les dessins de Gébé, Wolinski, Cabu, Reiser, j'ai reconnu la caricature de Pompidou, gros sourcils et clope au bec et celle de Giscard ; moins celle de Messmer[6] et pas du tout de Nixon mais elle n'est peut-être pas terrible.
Ces Charlie Hebdo datent de 1973 et 1975. Le plus récent est du 11 septembre 1975. La collection n'est pas complète, elle se limite à quinze numéros ce qui pour un hebdomadaire et pour plus de deux ans est peu. Ceci dit, j'ai lu quelques trucs. Il y avait la rubrique de Cavanna, Je l'ai pas lu, je l'ai pas vu mais j'en ai entendu causer dans laquelle il fait sur quasi deux pages un tour d'horizon de l'actualité. Forcément, ça ne l'est plus, d'actualité. Bien que je sois tombé sur des textes, on les publierai aujourd'hui sans changer une virgule que ça passerait crème[7]. Bien sûr, il y a aussi les chroniques de Delfeil de Ton, Paule et d'autres comme Isabelle, à l'époque compagne de Cabu[8]. Ses textes sont vraiment bons. J'avais oublié son existence, sa participation à Charlie Hebdo et tout ça.

Ces Charlie Hebdo, il est bien possible[9] que je les ai feuilletés ou parcourus chez mon tonton à l'époque. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a des dessins qui me sont remonté à la mémoire qui ont réveillé des souvenirs.
Mais foin de nostalgie. Il faut le reconnaître, tout ça a bien vieilli.
Dans le numéro du 11 septembre 1975, on apprend que Coluche fait salle pleine au Café de la gare et que Patrick Abrial donne un récital de ses nouvelles chansons au Théâtre Campagne Première. On donne aussi le programme de la fête de l'Huma avec bien des vedettes dont Higelin, Béranger, Tangerine Dream, Colette Magny. Cabu nous fait un reportage dessiné de la manif écolo de Fontevraud.

Et Hara Kiri ?

Alors là, oui, on peut dire que ça a pris un sacré coup de vieux. En 1977, on trouve Cavanna qui feuilletonne Les ritals. Delfeil de Ton écrit des nouvelles et puis, il y a des photos détournées, du roman photo, de la bande dessinée avec Copi, Reiser, Gébé ou Hugot, de la publicité détournée, du cul, du sexe, du mauvais goût, du sale, du crade, du scato. Il y a du bon mais ça n'atteint pas, à mon avis, la qualité de Charlie Hebdo. Bien sûr, les photo-montages de Chenz sont bons et il y a de bonnes choses mais dans l'ensemble je reste un peu sur ma faim.
Pour autant, ça arrive à me faire rire tout de même et c'est déjà bien.


Au fait…

Si vous n'avez pas l'envie de vous faire assassiner par les flics pour n'importe quelle raison (par rapport parce que vous avez une sale gueule), pensez à signer la pétition contre ce projet de loi.

Notes

[1] mais il n'est pas sûr qu'ils accepteront de témoigner

[2] soit le lendemain de la coïncidence

[3] je le sais puisque j'étais là

[4] 2 rue Émile Zola 24210 Thenon

[5] Les Hara Kiri sont au nombre de cinq et sont datés de 1977 à 1982

[6] que j'avais oublié de me souvenir de lui

[7] qui est une expression plus récente que le texte mais qui a un côté argotique qui n'est pas pour me déplaire

[8] morte en 2012

[9] mais pas certain du tout

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