Après l'ANTS[], l'Assurance maladie, les impôts (DGFiP), l'Éducation nationale, Bloctel, l'URSSAF, les ministères de l'intérieur ou des sports, toute une liste d'universités, d'hôpitaux, de mairies et sans parler des entreprises privées, la France montre qu'elle est une cible de choix pour les cyberattaques. Ailleurs, ce n'est pas qu'il y a moins de piratage mais je fais ici preuve de chauvinisme tant il faut reconnaître que, tout de même, notre beau pays intéresse beaucoup les pirates informatiques.
Cela fait des années que la décision a été prise de favoriser la dématérialisation des données au sein des organismes et services officiels et il est bien possible que ce soit une bonne décision et qu'il n'aurait pas été possible de faire autrement. Les bons côtés de la numérisation des administrations, c'est que ça facilite le traitement des données, que ça doit rendre les démarches plus accessibles et rapides, que ça permet des échanges entre les services et que, dans un certain sens, ça peut faciliter la vie de tous[].
Alors moi, je ne suis pas contre ce passage au tout numérique. Je paie mes factures d'eau et d'électricité par voie informatique, je déclare mes (maigres) revenus de même, j'ai immatriculé quelques véhicules, j'ai demandé une carte Vitale (je ne sais pas où elle est vraiment mais j'en ai une), j'ai fait quelques démarches pour ma maman et pour quelques autres personnes depuis mon ordinateur. Globalement, ça fonctionne.
Je ne regrette pas le temps où il fallait faire la queue pendant des heures à la Préfecture pour un certificat d'immatriculation. Je ne regrette pas non plus de ne pas avoir à faire la queue à la Poste pour envoyer un courrier. D'ailleurs, je ne regrette pas de ne plus acheter de timbres postaux. Je le dis, je ne suis pas contre le tout numérique.
Toutefois, je pense qu'en tant qu'usager de ces modes de communication avec les organismes officiels, je suis en droit de demander que tout cela soit protégé. Je n'ai pas forcément envie que mes données personnelles se retrouvent dans la nature. Pour être franc, je ne crains pas trop pour mes données de santé ou pour mes déclarations de revenus. Les pirates n'en tireront pas grand chose. De plus, et c'est sans doute très prétentieux, j'estime ne pas être une cible facile pour les attaques émanant de courriels frauduleux. De manière générale, j'utilise des mots de passe assez robustes ou l'authentification à double facteur.
Les services de l'État savent trouver des financements pour traquer les fraudeurs (sauf pour les riches bizarrement). La CAF, France travail, l'Assurance maladie[] ont les moyens pour traquer ces fraudeurs. On sait trouver les moyens financiers pour fliquer les citoyens français. Par exemple, aujourd'hui, lors d'un contrôle routier les forces de l'ordre savent si votre véhicule est assuré, s'il bénéficie d'un contrôle technique valide, si vous avez encore des points sur votre permis, où vous habitez et tout un tas d'autres renseignements. On trouve de l'argent pour la vidéo surveillance, pour le traçage des téléphones mobiles, pour traquer les jeunes qui vont faire la fête dans des free parties.
Le problème selon moi est en partie une question de formation et de sensibilisation à la sécurité informatique. Il n'est pas normal en 2026 que l'on n'ait pas généralisé les systèmes d'authentification sécurisés et que l'on ait pas pris la peine de former et sensibiliser le personnel. Après, il y a aussi les questions d'externalisation des systèmes de gestion de données au privé.
Et plus que tout, il y a cette attitude de la macronie qui consiste à nier toute responsabilité. Il faut vraiment en finir avec cette saloperie.
